Conformément à son mandat de structure unique chargée de la mise en œuvre de la politique nationale en matière de recherche agricole, le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) s’applique à exécuter sa mission d’identification et de conduite de programmes de recherche, en parfaite adéquation avec les priorités nationales de développement agricole. La mobilisation, aux plans financiers et technique, des opérateurs agricoles et agro industriels autour de la recherche étant également un volet important de cette mission, le Centre intègre les préoccupations de ceux-ci dans lesdits programmes. Aussi, depuis sa création le CNRA a-t-il adopté l’approche participative qui place au centre les bénéficiaires et les utilisateurs des acquis de la recherche, pour l’élaboration et même l’exécution des programmes de recherche.
En effet, dès novembre 1998, cette approche a servi à la définition des premiers programmes de recherche pour la période 1999-2002. Pour les programmes de deuxième génération (2004-2007), des commissions de travail et des ateliers ont permis de rencontrer et de recueillir les besoins prioritaires de tous les partenaires et opérateurs du développement agricole, afin de les traduire en vingt deux (22) Programmes de Recherche. La troisième phase de planification des programmes pour la période 2008-2011 ne s’est pas départie de l’approche participative. Celle-ci a été d’ailleurs renforcée à travers une phase opérationnelle en onze (11) étapes (Cf. Processus d’élaboration des programmes de recherche pour la période 2008-2011).
Au terme d’un processus marqué par une forte implication des filières agricoles et de l’Etat, le Conseil d’Administration du CNRA, en sa 43ème Session du 28 décembre 2007, a validé, sous réserve d’observations et de recommandations, les 20 Programmes de Recherche qui ont résulté dudit processus. Ces observations et recommandations ont été prises en compte pour aboutir au présent document des Programmes de Recherche 2008-2011.
Ces Programmes se répartissent dans cinq thématiques, à savoir :
- Cultures d’exportation (8 Programmes)
- Cultures vivrières (5 Programmes)
- Productions animales (2 Programmes)
- Systèmes agraires et Environnement (2 Programmes)
- Technologies et Laboratoires centraux (3 Programmes) ;
Les Programmes de la période 2008-2011 se caractérisent comme suit :
Au niveau des cultures d’exportation, l’accent sera mis sur l’amélioration de la productivité et de la qualité des produits agricoles. Dans un contexte mondial marqué par des barrières dites non tarifaires, les recherches contribueront à la durabilité et à la compétitivité des produits agricoles. En outre, les nouveaux programmes se focaliseront sur l’anacarde, la mangue et la papaye, pour tenir compte de l’importance de leur développement, principalement dans les régions de savane. Concernant la canne à sucre, et en attendant le retour de la filière qui a été la seule à ne pas s’impliquer dans le processus, les recherches se limiteront à la canne villageoise.
Au niveau des cultures vivrières, les ressources génétiques ont été détruites durant la longue et grave crise déclenchée en septembre 2002. Aussi, les efforts de reconstitution desdites ressources entamés au cours de la période 2004-2007 seront-ils poursuivis et renforcés. Des actions seront également entreprises pour mettre au point des paquets technologiques qui vont contribuer à l’amélioration de la production et de la sécurité alimentaire.
Au niveau des productions animales, la reconstitution des ressources génétiques animales et fourragères, qui ont été également détruites
occupera une place importante durant la période. La volaille locale sera étudiée afin de développer des outils techniques pour en rationaliser l’élevage. La productivité en viande, œufs et lait du cheptel et des espèces de poisson d’élevage sera améliorée.
Au niveau des systèmes agraires et de l’environnement, les recherches contribueront à la mise au point de systèmes de production durables qui intègrent la gestion efficiente des ressources naturelles. Les travaux sur les ressources forestières et l’agroforesterie seront poursuivis. En outre, Il est à noter l’existence d’un seul Programme système qui prend en compte les écologies de forêt, de savane et de montagnes. Par ailleurs, deux changements ont été apportés au Programme Forêt et Environnement. Ce sont, le rattachement du volet conservation et transformation du bois audit Programme, et la domiciliation du Programme à Abidjan, afin de rapprocher l’équipe de Recherche des acteurs de la filière.
Au niveau des technologies et laboratoires centraux, les programmes de cette thématique continueront de développer des outils technologiques et biotechnologiques pour accélérer l’amélioration des productions agricoles, assurer leur conservation et leur transformation et gérer durablement les sols et les ressources en eaux.
Une caractéristique commune à l’ensemble des programmes concerne l’accent mis sur l’appui au développement en général, et sur le renforcement des capacités, en particulier
La mise en œuvre des 20 Programmes de Recherche nécessite le renforcement de l’effectif actuel de 82 Chercheurs, par le recrutement de 70 chercheurs supplémentaire, l’accueil de 53 thésards et 304 autres stagiaires de niveau DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies).