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| Actualités Scientifiques 2008 | ||
| Comment reconnaître les sols favorables à la culture du cacaoyer | ||
Choisir les points d'observation La prospection pédologique est souvent précédée d'une mission de reconnaissance qui permet au pédologue d'apprécier les conditions du milieu, notamment l'accessibilité, la végétation, le relief, les cours d'eau. Deux méthodes sont utilisées pour l'identification des points d'observation pédologique. Ce sont la prospection systématique et la prospection basée sur des toposéquences. La prospection systématique consiste à faire des observations pédologiques (sondages, fosses) à des distances précises et régulières. Les sondages peuvent êtres faits à l’aide du tube cylindrique mis au point par le CNRA (voir article précédent). Les points d'observation sont installés sur des layons : un layon de base et des layons perpendiculaires. Leur densité dépend de l'échelle retenue ou recommandée par le demandeur et de l'expérience du pédologue. Pour la prospection basée sur l'étude des toposéquences, les positions topographiques peuvent être facilement déterminées en observant bien le relief. Les points d'observation sont installés sur des layons orientés perpendiculairement aux courbes de niveaux. Ils sont fixés à chaque segment topographique marqué par une rupture de versant ou, si la pente est régulière, à des distances régulières, tous les 100 mètres ou tous les 50 mètres. Prélever des échantillons de sol L'observation pédologique commence donc par le prélèvement d'échantillons de sol à l'aide du tube cylindrique de prospection pédologique. Les échantillons sont prélevés par couches de 20 centimètres jusqu'à 120 centimètres de profondeur s'il n'y a pas d'obstacle. L'ouverture d'une fosse pédologique est longue et onéreuse. Aussi n'est-t-elle réalisée que lorsque des compléments d'information sont nécessaires. Dans ce cas, la fosse est orientée vers l'est ou vers l'ouest pour que la paroi à observer soit toujours éclairée. Décrire les sols Les paramètres correspondant aux objectifs de la prospection sont étudiés. Pour identifier les sols favorables aux cacaoyers, les caractères morphologiques suivants sont retenus : couleur du sol, texture, présence d'éléments grossiers et profondeur utile du sol. La couleur du sol permet de savoir si le drainage interne est bon ou médiocre. En effet, une couleur homogène indique un bon drainage interne. En revanche, une couleur hétérogène montre que l'eau ne circule pas correctement dans le sol et peut être source d'asphyxie des plantes. Il ne faut pas confondre une couleur hétérogène due à l'altération des minéraux avec des taches d'hydromorphie. La texture influence les caractéristiques physiques (densité apparente, porosité…) et hydrodynamiques du sol (infiltration, réserve en eau). Par exemple, un sol à texture sableuse est sensible au déficit hydrique. Il existe plusieurs classes texturales obtenues à partir de la combinaison des trois principaux éléments minéraux que sont l'argile, le limon et le sable. Sur le terrain, cinq classes texturales peuvent être déterminées en se fondant sur la formation d'un boudin. Ce sont : la texture sableuse, le boudin ne se forme pas, tous les éléments se dispersent dans la main ; la texture limono-sableuse, le boudin se forme difficilement dans la main ; la texture sablo-argileuse, le boudin se forme mais se casse déjà en morceaux dans la main ; la texture argilo-sableuse, le boudin se forme dans la main, mais il se casse lorsqu'on le plie ; la texture argileuse, le boudin se forme et se plie comme une pâte à modeler. Les éléments grossiers (constituants du sol ayant un diamètre supérieur à 2 mm) influencent également la réserve en eau du sol. S'ils ont un taux pondéral supérieur à 50%, ils réduisent considérablement l'eau dans le sol. Leur nature doit être signalée lors de la description du sol. Il a été montré, en effet, que les éléments quartzeux ne s'imprègnent pas d'eau et ne peuvent donc pas en restituer aux plantes. En revanche, les éléments grossiers ferrugineux (concrétions, nodules) s'imbibent d'eau et peuvent en restituer une partie aux plantes. Exploiter les résultats La profondeur utile est fondamentale pour la culture du cacaoyer. Elle permet de décider si un sol peut être planté en cacaoyers ou non. Les autres caractères interviennent dans l'évaluation de la pérennité de l'exploitation cacaoyère. Leurs effets (déficit hydrique…) peuvent être contrôlés si l'on dispose des moyens financiers pour assurer l'irrigation. Si un des caractères n'est pas satisfait, la durabilité de l'exploitation cacaoyère n'est pas garantie. L'exploitation des données permet d'indiquer si le sol est favorable ou non à la culture du cacaoyer. Elle analyse les contraintes du sol liées aux caractères morphologiques étudiés. S'il n'y a pas de contrainte, le sol est favorable aux cacaoyers. Pour un sol comportant une seule contrainte, la décision dépend de l'importance de cette contrainte. Par exemple, un sol qui a une profondeur de 50 cm ne convient pas à la culture du cacaoyer. S'il y a deux contraintes, l'analyse du rôle de chacune dans la croissance et la production du cacaoyer permet d'évaluer le risque. Un sol pour lequel seule la profondeur utile est satisfaite ne permet pas la culture du cacaoyer. | ||
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