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| Actualités Scientifiques 2008 | ||
| La cacaoyère ivoirienne en danger : le swollen shoot progresse | ||
Cette maladie, largement confinée en Afrique de l'ouest, est considérée comme une maladie virale majeure. Elle a causé des pertes inestimables aux producteurs du Nigeria et du Ghana où plusieurs millions de plants de cacaoyers ont été détruits. Dans ces deux pays diverses formes, de virulences variables, ont été décrites. Le premier type tue la plante en l'espace de deux ans. Le virus se transmet essentiellement par la cochenille dont les vecteurs les plus connus, Pseudococcus njalensis (Laing) et Planococcus citri (Risso), sont transmis par les fourmis, notamment Crematogaster straiatula (Emergie). En Côte d'Ivoire, la maladie a été décrite depuis 1943 dans certains secteurs du verger, notamment dans la zone Est à Sankadiokro (département d'Abengourou) et Kongodia (département d'Agnibilékro). Toutefois, les dégâts et la propagation de la maladie sont restés limités. Un équilibre semble s'être établi entre le virus et le cacaoyer dans cette zone. En 2003, une prospection a permis de découvrir un nouveau foyer dans le Centre-Ouest du pays dans les départements de Sinfra et Bouaflé. Rappelons que les cacaoyères dans ces deux régions couvrent 77 418 hectares et produisent environ 5% de la production nationale. En effet, les localités de N'Zikro et Tanokro dans le département de Sinfra, Petit-Gohitafla et Yobouet-Kouassikro dans le département de Bouaflé sont sinistrées. Plusieurs vergers de cacaoyers ont été réduits à l'état de jachère par la maladie, offrant ainsi un paysage agricole de désolation. Les pertes de production varient de 40 à 100%. Presque tous les planteurs ont constaté la mortalité de cacaoyers dans leurs parcelles. Avant le dessèchement complet du cacaoyer, les exploitants observent le gonflement de parties de tiges, la décoloration et la déformation des feuilles et une réduction de la taille des cabosses. La maladie présente différents symptômes Les symptômes foliaires se caractérisent, sur les jeunes feuilles, par un éclaircissement le long des nervures, sur les feuilles matures par l'apparition d'un éclaircissement jaunâtre, la décoloration et la panachure. La déformation des feuilles et des cabosses est également observée. Les feuilles ont une forme effilée, une surface de limbe réduite et se recroquevillent. Les cabosses sont plus petites et ont une forme arrondie. Tous les symptômes ci-dessus énumérés ne s'observent pas dans une même localité. Par contre, une forte défoliation suivie de la mort des arbres malades est observée dans tous les cas. et réduit la production Les fèves des arbres malades sont plus petites, leur poids moyen est de 65 grammes contre 104 grammes pour celui des fèves des cabosses d'arbres sains. De plus, les cabosses d'arbres malades ont deux fois plus de fèves plates que celles des cabosses saines. Autour du foyer de la maladie, l'influence de la maladie s'annule vers le 10ème pied de cacaoyer. Pratiquement, dans un rayon de 22,5 mètres autour d'un foyer, les cacaoyers, bien qu'apparemment sains, sont déjà infectés par le virus. Elle est plus ou moins virulente et progresse. Dans la Sous-préfecture de Bazré où l'étude a été réalisée, la maladie est apparue vers 1980. La maladie est plus ou moins virulente. Ainsi, les symptômes observés à N'Zikro et Sokobakro semblent être provoqués par une forme plus virulente que celle observée à Kouamékro 1. Le nombre et le diamètre des foyers varient considérablement d'une cacaoyère à l'autre. Entre 1 000 et 15 000 cacaoyers par plantation sont détruits. Au total, 805 foyers sont enregistrés actuellement. Les surfaces détruites par la maladie augmentent progressivement et atteignent actuellement près de 500 hectares dans la zone prospectée. Les rendements moyens des planteurs ont été divisés par trois en vingt ans, entraînant un manque à gagner énorme pour les exploitants de cette zone. Vu la gravité de cette maladie il paraît impérieux d'entreprendre deux types d'actions de recherche. A court terme, l'étude épidémiologique permettra d'identifier et de circonscrire les foyers d'infection dans les différentes régions de production de la Côte d'Ivoire. Des mesures d'hygiène et de prophylaxie seront alors appliquées pour freiner la progression de la maladie. A moyen et long termes, l'étude de l'agent pathogène et des vecteurs sera entreprise, de même que la sélection et la diffusion de variétés de cacaoyer résistantes ou tolérantes à la maladie. | ||
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