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Actualités Scientifiques 2005

La pratique des cultures associées à l'hévéa
En Côte d'Ivoire, la culture de l'hévéa, d'abord pratiquée au niveau industriel, se développe en milieu villageois. Pour répondre aux besoins des petits producteurs, la recherche s'est intéressée à l'association de l'hévéa à d'autres cultures. Des résultats intéressants sont obtenus.

En Côte d'Ivoire, la culture de l'hévéa, relativement récente, connaît actuellement un développement important. Elle est pratiquée dans la partie Sud du pays où la pluviométrie correspond aux besoins de cette culture avec une moyenne annuelle supérieure à 1 600 millimètres.
Les premières plantations ont été réalisées dans le Sud-est sur sols argilo sableux, meubles et bien drainés, mais sujets à l'érosion et pauvres en potassium. Les plantations plus récentes ont été établies au sud-ouest sur des sols chimiquement plus riches et ayant une bonne rétention en eau, mais carencés en phosphore et généralement peu profonds. Actuellement, la culture de l'hévéa couvre environ 100 000 hectares dont 70 000 hectares sont en production. La production, de 128 000 tonnes, élève la Côte d'Ivoire au rang de premier producteur africain ; elle représente 1,8 % de la production mondiale. L'accroissement de la production devrait se poursuivre jusqu'en 2015 où le plan directeur de développement agricole prévoit une production de 250 000 tonnes pour une superficie de 150 000 hectares.
Les premières plantations ont été créées en 1955 par des sociétés industrielles. A partir de 1978, sous l'impulsion du gouvernement, les plantations villageoises se sont développées autour des blocs agro-industriels. Celles-ci couvrent actuellement la moitié de la superficie cultivée en hévéa. Les petits producteurs, indépendants ou encadrés, s'adonnent donc de plus en plus à cette culture qu'ils intègrent aux productions qu'ils pratiquent déjà : cultures vivrières et industrielles.
Un des problèmes majeurs de cette spéculation en milieu non industriel est la durée de la période improductive des arbres, de cinq à six ans. Pendant ce temps, les interlignes sont occupées par une plante de couverture, généralement Pueraria phaseoloïdes, qui empêche le développement d'adventices mais qui ne fait l'objet d'aucune exploitation, alimentaire ou commerciale. L'intégration des cultures vivrières ou de cultures de rente dans les plantations d'hévéa pendant la période juvénile des arbres permet la diversification des productions, mais aussi l'amélioration de la productivité de la terre et de la force de travail. Cependant, les pratiques associant l'hévéa à d'autres spéculations comportent un certain nombre de risques. Ainsi, des problèmes de compétition entre les cultures, d'érosion du sol, de conditions favorables à la propagation de maladies peuvent apparaître. C'est pourquoi la recherche s'est penchée sur le sujet. Différents essais ont été menés par le CNRA, en station comme en milieu paysan, pendant de nombreuses années.
Les résultats montrent qu'il est possible de pratiquer des cultures en intercalaire des jeunes hévéas sans dommage pour les arbres. Les principales cultures vivrières testées et associables à l'hévéa sont les suivantes : igname, riz, maïs, arachide, banane plantain, légumes divers (gombo, aubergine…). Par contre, on observe que le manioc provoque un effet dépressif sur la croissance des parties aériennes et des racines des hévéas. Des rotations culturales adaptées ont été développées sur trois ans. Les cultures de bananier plantain ou d'igname peuvent être répétées.
Mais, après deux années de culture de banane plantain, une troisième culture n'est pas recommandée à cause des attaques de nématodes, de charançons et de la fatigue du sol.
Les essais montrent qu'il est possible d'épandre des engrais différents sur l'hévéa et sur les cultures intercalaires. Les barèmes de fumures ont été établis. Pour certaines cultures (arachide, maïs), un chaulage est nécessaire pour atteindre un bon rendement. S'il n'est pas possible d'apporter des engrais sur les vivriers, il est conseillé d'introduire au moins une légumineuses (arachide, haricot,…) dans la rotation. Après une forêt ou une jachère de longue durée (trois à cinq ans), l'apport de fertilisants n'est pas indispensable, au moins la première année.
Les niveaux de rendement des cultures vivrières dans les associations temporaires sont variables : moyens pour le maïs, médiocres pour l'arachide et l'igname et satisfaisants pour la banane plantain et le riz. Mais quand les hévéas atteignent quatre à cinq ans, ces rendements deviennent très faibles, même si le dispositif de plantation a été modifié de façon à augmenter la largeur des interlignes destinés aux cultures vivrières. En effet, le développement du couvert végétal des hévéas réduit de façon importante la lumière parvenant aux cultures vivrières. C'est pourquoi l'association des vivriers à l'hévéa ne peut excéder trois à quatre ans pendant la période juvénile de l'hévéa.
Les hévéas croissent plus rapidement lorsqu'ils sont associés à des cultures que lorsqu'ils sont en culture pure. Ce gain de croissance est en grande partie dû à l'entretien des cultures associées. L'avancée de la mise en saignée de six à douze mois peut compenser les dépenses occasionnées par l'achat des engrais et des semences de cultures vivrières. Les hévéas associés aux cultures vivrières pendant leur jeune âge produisent plus de caoutchouc sec que ceux qui sont associés à la plante de couverture Pueraria phaseoloides. Sur les treize premières campagnes de production, le gain de production cumulé atteint une tonne à l'hectare. Ce rendement élevé résulte d'un supplément de production par arbre et d'un nombre d'arbres ouverts plus élevé au cours des trois premières campagnes.
Des essais d'associations de longue durée avec d’autres cultures industrielles ont été réalisés avec une densité de plantation de l'hévéa réduite à 421 arbres par hectare, au lieu de la densité habituellement recommandée de 510 arbres par hectare. Le dispositif de plantation modifié comprend alors un grand écartement de 16 mètres entre des doubles lignes d'hévéas, distantes de trois mètres l'une de l'autre. Le recouvrement des interlignes de plantation par le couvert végétal des hévéas est alors plus lent.
Dans ce cas, les niveaux de production obtenus sont très encourageants, sauf pour le colatier dont le développement végétatif est moyen à médiocre. Après quatre années de production, les rendements obtenus sont très satisfaisants pour le caféier et pour l'ananas, mais faibles pour le cacaoyer, avec des rendements comparables à ceux du milieu villageois, de l'ordre de 500 kilos par hectare.
Malgré ces résultats des contraintes subsistent. Il faut noter que le manque d'entretien, souvent observé, peut annuler les avantages potentiels de la pratique. En outre, l'utilisation de matériel végétal amélioré est indispensable pour garantir un niveau de production intéressant. Au niveau de la recherche, les études de rentabilité économique de ces pratiques sont à finaliser.

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