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Actualités Scientifiques 2011

La contribution de la recherche sur l’igname à la sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire
L'igname est une importante source alimentaire pour les populations d'Afrique, d'Asie, des Caraïbes et du Pacifique. En Côte d'Ivoire, elle occupe la première place des productions vivrières avec 6,9 millions de tonnes produites en 2008 dont environ 70% sont auto consommés (Faostat, 2009). L'importance relative de l'igname dans la production vivrière nationale est supérieure à 35 % (Sylla et al., 2009). La Côte d'Ivoire occupe le deuxième rang mondial pour la production d'igname après le Nigeria.

La partie centrale du pays (Centre-Est et Centre), de la frontière ghanéenne au fleuve Sassandra, zone traditionnelle de cette culture, assure plus de 60 % de la production. Mais le Nord-Est, qui ne fournit que 20 % de la production, joue un rôle important en tant que zone de production de la plupart des ignames précoces, très appréciées par les consommateurs ivoiriens et de bonne valeur marchande. Certains exploitants agricoles de cette zone tirent leur principal revenu monétaire de la vente de l'igname. De plus, les ignames ont une valeur rituelle.

L'igname est une culture plastique qui tempère les aléas dus au climat et au sol. On dénombre plus de 600 espèces dont une dizaine est cultivée. Du fait de la diversité des variétés disponibles, de la différence des cycles de production et de la durée de conservation, l'igname est présente sur le marché pendant une longue période de l'année. Elle contribue ainsi à assurer la sécurité alimentaire du pays.

L'igname est l'objet d'importants flux d'échange des zones de production vers les zones de consommation (grandes villes), des zones de grande production vers les zones de faible production, des zones de savane vers les zones de forêt.

La production d'igname est en constante progression depuis l'an 2000. Cet accroissement est la résultante des progrès scientifiques et de l'augmentation des superficies cultivées.
La recherche et le développement ont contribué à maintenir la place de l'igname dans les objectifs de l'atteinte de la sécurité alimentaire en Côte d'Ivoire. Bien avant l'indépendance de la Côte d'Ivoire, les institutions de recherche ont travaillé sur l'igname. Ainsi, depuis 1945, des programmes de recherche sur l'igname sont menés en Côte d'Ivoire. Les travaux ont concerné aussi bien la production, la conservation post-récolte que la commercialisation. La recherche a été soutenue par la recherche-développement. Au niveau sous-régional, l'Institut international d'agronomie tropicale développe, depuis plusieurs années, un programme hardi de recherche sur l'igname. Il a renforcé les capacités des principaux acteurs de la sous-région et œuvre pour le renforcement de la collaboration sous-régionale et nationale.

De nombreux acquis ont été obtenus mais ne sont pas toujours exploités. Les ressources génétiques, gages de l'amélioration variétale, ont été conservées. Plus de 500 accessions sont aujourd'hui maintenues in vivo et in vitro par le CNRA. Plusieurs variétés à haut rendement, résistances aux principales maladies et ravageurs et de bonnes qualités organoleptiques ont été sélectionnées et diffusées. Des techniques culturales améliorées ont été mises au point. Les systèmes de conservation post-récolte ont été améliorés. Des potentialités industrielles ont été mises en exergue.

Malgré l’importance de cette culture au plan alimentaire et socio-économique, la filière igname en Côte d'Ivoire est confrontée à plusieurs difficultés liées au mode de production, à la commercialisation et aux formes d'utilisation. En effet, dans la plupart des zones de production, une culture itinérante sur brûlis est pratiquée. Malgré la mise au point de variétés améliorées, la majorité des ignames cultivées appartient à des variétés traditionnelles peu productives et très sensibles aux maladies et aux ravageurs. Les niveaux des rendements observés en milieu paysan sont faibles. Ainsi, la variété C18, largement diffusée, produit en moyenne 10 tonnes par hectare pour un rendement potentiel double. Par ailleurs, les ignames en culture ou en stock sont attaquées par les maladies et ravageurs sans qu'aucune solution rationnelle de lutte ne soit disponible pour l'instant.

Avec la diversité de ses ressources génétiques et de ses utilisations, l'igname constitue un atout majeur dans la recherche de la sécurité alimentaire en Côte d'Ivoire. Mais la filière de commercialisation connaît des disfonctionnements qui la rendent peu performante. Dans l'ensemble, malgré son importance dans la production agricole et dans l'alimentation de la population, l'igname n'est pas l'objet d'une politique agricole spécifique. La culture de l'igname n'a bénéficié ni de subvention, ni d'encadrement spécifique, ni de structure spécialisée de commercialisation.

Une enquête menée en 2009 auprès des producteurs d'igname en Côte d'Ivoire montre que ces derniers ont pour principales préoccupations la baisse de la fertilité des sols, la faible durée de vie des tubercules frais et l'instabilité des pluies. Pour résoudre ces contraintes, l'intensification de la collaboration entre la recherche et le développement s'impose
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Agenda

30-Janvier-2014
Vers une collaboration entre le CNRA et Green Harvest

29-Janvier-2014
Forum Investir en Côte d’Ivoire 2014 : le CNRA présente son expertise

27-Janvier-2014
Coopération agricole : le CARI du Liberia renforce ses relations avec le CNRA


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Projets et Développement

 
 Projet DONATA / RAILS
Un projet pour l'amélioration de la gestion de l'information agricole et le transfert des technologies et des bonnes pratiques agricoles

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 Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest West Africa Agricultural Productivity Program (PPAAO / WAAPP)
Le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest, en abrégé PPAAO ou WAAPP en anglais est initié par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) .Son financement est principalement assuré par la Banque Mondiale à travers un mécanisme de Prêt Programmatique Adaptatif ou Adaptive Program Landing (APL) de 10 ans, en rapport avec les priorités régionales en matière de Recherche Développement. L’approche de ce programme repose d’une part, sur l’intégration et l’harmonisation des politiques agricoles nationales et d’autre part , sur l’établissement de liens étroits entre la recherche, la vulgarisation, les producteurs et les opérateurs privés....
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 Politique Qualité et engagement de la Direction Générale

La Côte d'Ivoire a pris l'option stratégique de bâtir son développement à partir d'une économie agricole forte et durable. A cet effet, elle s'est dotée, très tôt, d'un appareil de recherche. Le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA), fruit d'une restructuration profonde de cet appareil, s'efforce à tout instant d'initier et d'exécuter des recherches, de valoriser ses acquis et d'apporter un appui aux opérateurs agricoles.


La charte de la Propriété intellectuelle du CNRA

Cette charte est le fruit de nombreuses consultations internes. Elle décrit ce que nous croyons être le bon usage de la «Propriété Intellectuelle» au CNRA, conformément aux missions essentielles qui sont les nôtres.
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