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| | Actualités Scientifiques 2011 | La réhabilitation des ressources génétiques alimentaires après la crise en Côte d’Ivoire | La Côte d'Ivoire est un pays à vocation agricole dont la production annuelle de vivriers, estimée à 10 millions de tonnes, permet d'assurer l'autosuffisance alimentaire du pays. Cependant, la crise sociopolitique déclenchée en 2002 a occasionné la destruction des infrastructures de recherche et de production, ainsi que la perte des stocks de ressources génétiques essentiels pour les besoins de la recherche et de la production agricole. Or l'exploitation des ressources génétiques dans leur diversité contribue à la création d'une gamme de variétés adaptées à de nouvelles conditions d'environnement et de stress et à l'augmentation de la productivité agricole.
La crise qui sévit en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002 a entrainé une perte de ressources génétiques et donc de diversité, dont les effets peuvent se ressentir à long terme dans le système de production. Afin de restaurer la diversité génétique, essentielle à la sélection de variétés améliorées et de soutenir les capacités nationales en production vivrière, le projet de Reconstitution des ressources génétiques alimentaires de Côte d'Ivoire, démarré en 2007, est actuellement en cours d'exécution. Il a pour objectifs de restaurer et valoriser les ressources génétiques alimentaires, de réhabiliter le dispositif de recherche scientifique d'appui au développement agricole dans les régions sud et centre de la Côte d'Ivoire afin de contribuer à la sécurité alimentaire des populations. Ce projet a permis au CNRA de collecter et de conserver des ressources génétiques de cultures alimentaires pour des utilisations futures, de renforcer les capacités des gestionnaires et de réhabiliter les infrastructures de conservation des ressources génétiques. Plus de 3 000 accessions de différentes espèces ont été collectées dans différentes zones agro-écologiques au sud, centre, nord, est et ouest de la Côte d'Ivoire. Elles sont caractérisées au plan agro morphologique et conservées en chambre froide ou au champ. Concernant les semences de type orthodoxe, le nombre d'accessions par espèce se décline comme suit : riz (Oryza spp.): 900 ; maïs (Zea mays) : 421 ; Sorgho (Sorghum bicolor): 210 ; Mil (Pennisetum glaucum): 106; fonio Digitaria exilis (Kippist) Stapf : 241 ; niébé (Vigna unguiculata) : 60 ; gombo (Abelmoschus esculentus) : 702 ; cucurbitacée : 47 ; aubergine (Solanum melongena) : 97 ; haricot (Phaseolus vulgaris) : 10 ; voandzou (Vigna subterranea) : 22 ; piment (Capsicum spp.) : 67. Ces lots d'accessions de différentes espèces de cultures alimentaires, conservés en chambres froides à Bouaké et à Abidjan, serviront à mettre au point des méthodes de germination des semences et des techniques culturales des différentes espèces, mais aussi à faire des échanges de matériels pour conduire des activités de recherche. Les accessions conservées serviront de base à la création de nouvelles variétés plus performantes. Concernant les plantes à semences récalcitrantes, à comportement intermédiaire, ou les plantes à multiplication végétative, les collections sont conservées au champ et en culture in vitro. Il s'agit des collections de manioc (Manihot esculenta) et d'igname (Dioscorea): collection de manioc: 406 accessions au champ à Bouaké et 419 accessions à Abidjan, collection d'igname : 236 accessions au champ à Bouaké et à Abidjan; conservation in vitro (Abidjan) : 05 accessions de manioc et 204 accessions d'igname. Le projet a également permis la mise à niveau du personnel pour la collecte des ressources génétiques et la gestion informatisée des collections. Plusieurs stagiaires ont bénéficié d'une formation diplômante. Des équipements ont été acquis, des infrastructures de conservation des ressources génétiques réhabilitées à Bouaké et Abidjan. A l'avenir, un accent particulier sera mis sur les actions de conservation des ressources génétiques au champ, en chambre froide et en culture in vitro. L'objectif est de maintenir le matériel et de répondre aux attentes, présentes et futures, des utilisateurs de ressources phytogénétiques (généticiens, sélectionneurs, botanistes, agriculteurs etc.). Les accessions conservées représentent des populations sous forme de cultivars locaux, de variétés performantes d'obtenteurs, ou même de populations sauvages apparentées aux plantes cultivées. La caractérisation agro morphologique permet d'identifier les variétés performantes à évaluer, dont les semences seront multipliées et proposées à la vulgarisation. Les ressources génétiques seront caractérisées au plan biochimique et moléculaire. Cela permettra de connaitre le niveau de diversité génétique des collections et de procéder à une conservation adéquate et une meilleure utilisation des ressources génétiques en évitant les doublons et les hors-type. De plus, des missions de prospection et de collecte de ressources génétiques sont prévues dans les régions non encore visitées pour chaque culture cible afin de poursuivre l'enrichissement des différentes collections. <<< retour | |
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La Côte d'Ivoire est un pays à vocation agricole dont la production annuelle de vivriers, estimée à 10 millions de tonnes, permet d'assurer l'autosuffisance alimentaire du pays. Cependant, la crise sociopolitique déclenchée en 2002 a occasionné la destruction des infrastructures de recherche et de production, ainsi que la perte des stocks de ressources génétiques essentiels pour les besoins de la recherche et de la production agricole. Or l'exploitation des ressources génétiques dans leur diversité contribue à la création d'une gamme de variétés adaptées à de nouvelles conditions d'environnement et de stress et à l'augmentation de la productivité agricole.